Le PTZ maintenu jusqu’en 2021 ? C’est la guerre des communiqués au sujet du prêt à taux zéro, et ce n’est sans doute pas fini. Un amendement a été voté par les députés dans ce sens, mais il faut encore que celui-ci soit validé par le Sénat puis en deuxième lecture à l’Assemblée.

Le PTZ maintenu en jusqu’en 2021

PTZ

Alors qu’en juin le gouvernement prévoyait la suppression du PTZ (Prêt à Taux Zéro) dans les zones B2 et C, c’est-à-dire dans plus de 80 % des départements français ruraux à partir du 1er janvier 2020, à la surprise générale un amendement maintiendrait le PTZ sous la forme actuelle jusqu’en 2021.

C’est le flou le plus complet, et on ne sait pas si cette mesure sera effective, les avis divergent encore parmi les commentateurs. En tous les cas, le 15 novembre, lors d’une séance publique d’amendements, de nombreux députés de l’opposition et de la majorité ont adopté à main levée la prorogation de cette aide à l’accession en zone rurale.

La profession se félicite

Ce vote est intervenu alors que l’ensemble de la profession s’inquiétait des des résultats d’un rapport gouvernemental préconisant de non seulement supprimer le PTZ dans les zones B2 et C, mais également dans les zones tendues A et B1.

ptz

La LCA-FFB, par la voie de son président Grégory Monod, s’est tout de suite félicitée du maintien du dispositif du PTZ, qu’il a qualifié « d’essentiel », son adoption « permettant à de nombreuses familles modestes aspirant à la propriété de réaliser leur rêve d’accession ».

ptz

Jacques Chanut, président de la FFB, parle quant à lui « d’une belle victoire qui permettra d’assurer l’emploi tenu par des PME et TPE du bâtiment dans ces territoires ».

De son côté, l’ancienne ministre du Logement Sylvia Pinel s’est également réjouie de ce vote et de la « prolongation du PTZ dans les zones B2 et C car il favorise l’accession à la propriété de nombreux ménages dans 93% du territoire ».

Fustigeant la suppression de l’APL Accession en 2017 et le rabotage du PTZ la députée du Tarn et Garonne avait également critiqué dans un long interview à Capital les « incohérences » du dispositif De Normandie qui encourage la rénovation du parc immobilier ancien au détriment du neuf, soulignant le faible coût pour les finances publiques de l’APL Accession, et demandant son rétablissement d’urgence.

Quelles perspectives pour la maison individuelle en 2020 ?

En tous cas, malheureusement, les prévisions de la LCA-FFB se réalisent ! Les ventes de maisons individuelles ont enregistré une baisse de 11,3 % en 2018 (119 700 unités contre 135 000 en 2017, soit 15 000 ventes de moins).

ptz

La stabilité des taux et l’allongement des durées de prêt soutiennent le marché, mais il reste incertain en 2019, et les effets d’annonces sont importants car ils impactent les ventes en freinant ou stimulant les achats des jeunes ménages.

Les chiffres de cette année s’établiraient entre 120 000 et 122 000 ventes, mais qu’en sera-t-il en 2020 ? Les risques sont réels et tout dépendra des choix de ce gouvernement ; le marché peut connaître une forte baisse et descendre en dessous des 100 000 ventes selon les aides existantes et les mesures budgétaires.

ptz

Déjà, en 2018, près de 10 000 couples primo-accédants ont dû renoncer à leur achat en zone B2 et environ 20 000 en zone C, c’est dire l’intérêt de cet amendement visant à maintenir le bénéfice du PTZ pour l’acquisition d’un logement neuf dans ces deux zones.

La restriction des aides à la pierre ne va pas dans le bon sens. La dynamique est entamée et les pouvoirs publics doivent réagir et pérenniser le PTZ, et rétablir l’APL Accession qui ne coûte presque rien à l’Etat. La confiance doit être restaurée.